Un grand bal se prépare à la cour du roi Henri II pour les fiançailles du duc de Lorraine avec Claude de France, fille du roi. Elle passa tout le jour des fiançailles chez elle à se parer, pour se trouver le soir au bal et au festin royal qui se faisaient au Louvre. Lorsquelle arriva, lon admira sa beauté et sa parure ; le bal commença, et comme elle dansait avec monsieur de Guise, il se fit un assez grand bruit vers la porte de la salle, comme de quelquun qui entrait, et à qui on faisait place. Madame de Clèves acheva de danser et pendant quelle cherchait des yeux quelquun quelle avait dessein de prendre, le roi lui cria de prendre celui qui arrivait. Elle se tourna, et vit un homme quelle crut dabord ne pouvoir être que monsieur de Nemours, qui passait par-dessus quelques sièges pour arriver où lon dansait. Ce prince était fait dune sorte, quil était difficile de nêtre pas surprise de le voir quand on ne lavait jamais vu, surtout ce soir-là, où le soin quil avait pris de se parer augmentait encore lair brillant qui était dans sa personne ; mais il était difficile aussi de voir madame de Clèves pour la première fois, sans avoir un grand étonnement. Monsieur de Nemours fut tellement surpris de sa beauté, que, lorsquil fut proche delle, et quelle lui fit la révérence, il ne put sempêcher de donner des marques de son admiration. Quand ils commencèrent à danser, il séleva dans la salle un murmure de louanges. Le roi et les reines se souvinrent quils ne sétaient jamais vus, et trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaître. Ils les appelèrent quand ils eurent fini, sans leur donner le loisir de parler à personne, et leur demandèrent sils navaient pas bien envie de savoir qui ils étaient, et sils ne sen doutaient point. Pour moi, Madame, dit monsieur de Nemours, je nai pas dincertitude ; mais comme madame de Clèves na pas les mêmes raisons pour deviner qui je suis que celles que jai pour la reconnaître, je voudrais bien que Votre Majesté eût la bonté de lui apprendre mon nom. Je crois, dit madame la dauphine, quelle le sait aussi bien que vous savez le sien. Je vous assure, Madame, reprit madame de Clèves, qui paraissait un peu embarrassée, que je ne devine pas si bien que vous pensez. Vous devinez fort bien, répondit madame la dauphine ; et il y a même quelque chose dobligeant pour monsieur de Nemours, à ne vouloir pas avouer que vous le connaissez sans lavoir jamais vu. La reine les interrompit pour faire continuer le bal ; monsieur de Nemours prit la reine dauphine. Cette princesse était dune parfaite beauté, et avait paru telle aux yeux de monsieur de Nemours, avant quil allât en Flandre ; mais de tout le soir, il ne put admirer que madame de Clèves. Le chevalier de Guise, qui ladorait toujours, était à ses pieds, et ce qui se venait de passer lui avait donné une douleur sensible. Il prit comme un présage, que la fortune destinait monsieur de Nemours à être amoureux de madame de Clèves ; et soit quen effet il eût paru quelque trouble sur son visage, ou que la jalousie fit voir au chevalier de Guise au-delà de la vérité, il crut quelle avait été touchée de la vue de ce prince, et il ne put sempêcher de lui dire que monsieur de Nemours était bien heureux de commencer à être connu delle, par une aventure qui avait quelque chose de galant et dextraordinaire. Madame de Clèves revint chez elle, lesprit si rempli de tout ce qui sétait passé au bal, que, quoiquil fût fort tard, elle alla dans la chambre de sa mère pour lui en rendre compte ; et elle lui loua monsieur de Nemours avec un certain air qui donna à madame de Chartres la même pensée quavait eue le chevalier de Guise. Introduction Clèves naurait-il jamais dû épouser Mlle de Chartres? Étude de style : La Princesse de Clèves, Tome deuxième Classiques Garnier, édition Magne, p. 293-294-Persée Lintrigue se déroule sous le règne dHenri II, amant de Diane de Poitiers, marié à Catherine de Médicis. La Cour est décrite, ainsi que les mentalités à travers les comportements du roi, de la reine. Pourrait on transposer cette Cour à celle de Louis XIV, Cour dans laquelle évolue Mme de Lafayette? On voit de nombreuses hyperboles et des rythmes binaires récurrents, belle et majestueuse p36, magnificence et galanterie dans lincipit. La description L.3 : lui avait dépeint dune sorte, et lui en avait parlé tant de fois
un présage que la fortune destinait M. De Nemours à être amoureux de Mme de Clèves, l.30. Et
Les lances se brisèrent, et un éclat de celle du comte de Montgomery lui donna dans loeil et y demeura. De La rencontre entre la princesse de Clèves et M. De Nemours est pour le lecteur un événement attendu, à la fois P238 Mais puisque vous avez appris par moi-même ce que javais eu dessein de vous cacher toute ma vie, je vous avoue que vous mavez inspiré des sentiments qui métaient inconnus devant que de vous avoir vu, et dont javais même si peu didée quils me donnèrent dabord une surprise qui augmentait encore le trouble qui les suit toujours. Je vous fais cet aveu avec moins de honte, parce que je le fais dans un temps où je le puis faire sans crime et que vous avez vu que ma conduite na pas été réglée par mes sentiments Car enfin cet aveu naura point de suite et je suivrai les règles austères que mon devoir mimpose. P240 je sais que cest par vous quil est mort et que cest à cause de moi. Déviter que M. De Nemours sache quelle le connaît mais son embarrassement la trahi. Impression de sentiments qui la surmontent. -Champs lexical de la beauté et de la vertu, champs lexical de la noblesse,-Tous ceux qui.. Mais en vous, madame, rien nest à craindre, et on ne trouve que des sujets dadmiration Par cette répartie, il cherche à rendre elle et leur unions différentes de celle existantes. Il la fait être unique et montre quil na pas peur de lavenir, main tendue vers la princesse qui se sent responsable de la mort de son mari. Craint le mariage : l.35 question rhétorique lamour dun mari ne peut être exigé Aujourdhui, maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas. Jai reçu un télégramme de lasile : Mère décédée. Enterrement demain. Sentiments distingués. Cela ne veut rien dire. Cétait peut-être hier. mieux fait et de plus agréable à la cour l.12, Ce prince était fait dune sorte quil était difficil de nêtre pas surprise l.1213 et lignes 14,15 pour Mme de Clèves. Les personnages Dans le roman la rencontre entre la princesse de Clèves et le duc de Nemours a lieu lors dun premier bal, celui des fiançailles de la fille du roi. Dans le film, Delannoy économise cette scène de bal en organisant la rencontre lors de la fête de mariage de la princesse de Clèves. Delannoy a donc fait le choix de ne pas montrer ni larrivée de mademoiselle de Chartes à la cour, ni la rencontre entre le prince de Clèves et mademoiselle de Chartes. Dans le film, ils sont déjà mariés. Était détenu par les seigneurs de Meslay au 13 e siècle.
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